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La voie du combat contre ses passions

Le Djihâd contre soi-même avant tout

Al-Imâm Chams id-Dîn Abî ‘Abdullâh Muhammad Ibn Abî Bakr az-Zar’î al-Ma’roûf Ibn Qayyîm al-Djawziyyah [691 - 751 H]

vendredi 3 février 2006, par Ismail

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BismiLLeh ar-Rahmâni ar-Rahîm

Certes le « Djihâd » [lutte] est de quatre catégories :

Une lutte contre soi-même, une lutte contre Satan, une lutte contre les mécréants et une lutte contre les hypocrites.

Le fait de lutter [djihâd] contre soi-même est de quatre catégories :

- Le premier degré :

Consiste à faire un effort sur son âme en lui faisant apprendre la guidance et la religion de vérité. Elle ne connaîtra pas la réussite et ne connaîtra pas le bonheur, que ce soit dans sa vie présente ou lorsqu’elle retournera [à Allâh] si ce n’est avec cela. Si elle manque à cette connaissance, elle sera malheureuse dans les deux demeures [ce bas monde et l’au-delà].

- Le deuxième degré :

Consiste à faire un effort sur elle-même pour mettre en pratique [cette guidance et religion de vérité] après en avoir eut la connaissance, car pour ce qui est de la simple connaissance sans la pratique, si cela ne lui cause pas de tort, cela ne lui sera d’aucun avantage.

- Le troisième degré :

Consiste à s’efforcer de prêcher ses connaissances et les enseigner à celui qui les ignore, sinon il sera compté parmi ceux qui taisent ce qu’Allâh a fait descendre comme guidance et éclaircissements ; il ne bénéficiera pas de cette science et elle ne le sauvera pas du châtiment d’Allâh.

- Le quatrième degré :

Consiste à éduquer son âme dans la patience des difficultés de l’appel pour Allâh et le mal que lui font les gens, et à supporter tout cela pour plaire à Allâh. S’il complète ces quatre catégories, il devient parmi les hommes du Seigneur, car les anciens s’accordent à dire que le savant ne mérite d’être nommé « Rabbâniyyân » que lorsqu’il connaît la vérité, la met en pratique et l’enseigne. En effet, celui qui connaît, agit et enseigne, est considéré comme quelqu’un d’éminent dans le royaume des cieux. [1]

Le fait de combattre les ennemis d’Allâh à l’extérieur de soi-même résulte du combat que mène la personne contre elle-même pour Allâh, comme l’a dit le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) : « Le combattant est celui qui lutte contre lui-même afin d’obéir à Allâh, et l’émigrant est celui qui fuit ce qu’Allâh lui a interdit. » [2] Le combat contre soi-même prédomine le combat de l’ennemi à l’extérieur et il représente la base [Asl], car celui qui ne combat pas son âme en premier lieu, afin qu’elle fasse ce qui lui a été ordonné, qu’elle abandonne ce qui lui a été interdit et qu’il la combatte pour Allâh, il ne peut pas combattre l’ennemi à l’extérieur. Comment peut-il combattre son ennemi et se venger de lui alors que l’ennemi qui se trouve en son fort intérieur le dompte et le domine ? Il ne l’a ni combattu, ni affronté pour Allâh. Bien plus, il ne pourra pas sortir vers l’ennemi tant qu’il ne combattra pas son âme pour pouvoir sortir.

Ces deux choses dans le combat de ces deux ennemis sont une épreuve pour la personne, et il y a entre ces deux ennemis un troisième. La personne ne peut combattre ces deux ennemis sans combattre le troisième. Et celui-ci [le troisième ennemi] se positionne entre les deux, et il décourage [la personne] de les combattre tous les deux, il la délaisse au moment difficile et lui fait peur ; il ne cesse de lui faire évoquer les difficultés, l’abandon des plaisirs et la perte des jouissances qui vont avec le fait de les combattre tous les deux. Il ne peut donc combattre ces deux ennemis qu’après avoir combattu ce troisième ennemi. Combattre ce dernier passe donc avant leur combat, et il s’agit de « Satan » ! Allâh - Ta’âla - dit :

« Le Diable est pour vous un ennemi. Prenez-le donc pour ennemi. »

 [3]

L’ordre de le prendre comme ennemi est un sous-entendu au fait de faire un grand effort pour le combattre et l’affronté, comme si c’était un ennemi qui ne faiblissait pas et qui ne diminuait pas son combat face à la personne tant que celle-ci respirait. [4]

Notes

[1] Zâd ul-Ma’âd fî hadî kheyr al-’Ibâd de Ibn al-Qayyîm, 3/9

[2] Rapporté par Ahmad avec une bonne chaîne de transmission, al-Hâkim, adh-Dhahabî et Ibn Hibbân l’a authentifié.

[3] Coran, 35/6

[4] Zâd ul-Mi’âd fî hadî kheyr al-’Ibâd de Ibn al-Qayyîm, 3/5-6

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