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S’incliner ou se prosterner dans le but de saluer

SHeikh al-Islam Ibn Taymiyyah (rahimahullâh)

samedi 20 août 2016, par Ismaïl Ibn Hâdî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

Il est interdit de s’incliner en guise de salutation compte tenu du hadîth cité par at-Tirmidhî selon lequel le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa salam) fut interrogé sur le cas de l’homme qui s’incline pour saluer son frère, et répondit par non. C’est parce qu’on ne s’incline et ne se prosterne que devant Allâh - ‘Azza wa Djal.

Il est vrai que dans d’autres législations, ce geste était permis comme on le voit dans l’histoire de Youssoûf : « Et il (Youssoûf) éleva ses parents sur le trône, et tous tombèrent devant lui, prosternés. » [1] Notre législation n’autorise de se comporter de cette manière que devant Allâh. Précédemment nous avions vu qu’il est interdit de se mettre debout [à l’arrivée d’un grand homme] comme le faisaient les non Arabes, qu’en est-il alors de l’inclination et de la prosternation ? De la même manière, l’inclination légère est comprise dans l’interdiction. [2]

Quant au fait de poser sa tête sur le sol devant les grands SHeikhs et d’autres, et d’embrasser la terre et d’autres gestes pareils, il n’y a aucune divergence de la part des imâms à propos de leur interdiction. Bien plus, le seul fait de s’incliner devant un autre qu’Allâh – ‘Azza wa Djal – est interdit. Nous trouvons dans al-Mousnad et ailleurs qu’à son retour de Syrie, Mou’âdh Ibn Djabal se prosterna devant le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa salam) et que ce dernier lui dit : « Qu’est-ce que ce geste, Ô Mou’âdh ? » - « J’ai vu en Syrie que les gens se comportent de cette manière devant leurs archevêques et patriarches et déclarent l’avoir reçu de leurs prophètes. » - « Ils ont menti Ô Mou’âdh, Si je devais ordonner à quelqu’un de se prosterner devant une autre personne, j’aurai ordonné à la femme de se prosterner devant son époux. Si tu passais (demain) devant ma tombe, te prosternerais-tu ? » - « Non. » répondit Mou’âdh - « Ne le fais pas (maintenant). » [3] Où des propos similaires.

Il a été authentifié dans le Sahîh un hadîth selon Djâbir, que lorsque le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa salam) guida la prière assis lorsqu’il était malade, les compagnons ont prié debout. Il leur ordonna de s’asseoir et dit : « Ne pas glorifier comme les non Arabes qui se glorifient les uns les autres. » Et il dit : « Celui qui aime à ce que les gens se lève pour lui, qu’il prenne sa place en enfer. » [4] Quand il est interdit de se lever dans ce cas pour une personne, et qu’il n’est pas autorisé de rester debout en prière lorsque la personne prie assise, en comparaison à la glorification de leurs grands SHeikhs, que dire alors de la prosternation pour elle, de poser sa tête au sol, et d’embrasser les mains ? Certes ‘Oumar Ibn ‘Abdel-‘Azîz (radhiallâhu ‘anhu) qui était un Calife d’Allâh sur terre, a interdit à quiconque d’embrasser le sol en guise de salutation ou de respect.

En somme, se mettre debout ou assis, s’incliner ou se prosterner, tout cela est un droit réservé à l’Unique Adoré, le Créateur des cieux et de la terre. Or tout ce qui reste un droit exclusif d’Allâh ne peut être attribué en partie à quelqu’un d’autre. C’est le cas, par exemple, du fait de jurer au nom d’un autre qu’Allâh – ‘Azza wa Djal. Certes le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa salam) a dit : « Celui qui souhaite jurer, qu’il jure par Allâh ou qu’il garde le silence. » [5] Et aussi : « Celui qui jure par autre qu’Allâh a certes associé. » [6] [7]

Notes

[1Coran, 12/100

[2Madjmou’ Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 1/377

[3Rapporté par Ahmad et Abû Dâwoud

[4Rapporté par Ahmad et Abû Dâwoud

[5Rapporté par al-Bukhârî et Muslim

[6Rapporté par at-Tirmidhî

[7Madjmou’ Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 27/92-93

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