Le chemin des anciens pieux

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Parmi la plus grande recommandation

SHeikh al-Islam Ibn Taymiyyah (rahimahullâh)

mercredi 16 octobre 2013, par Ismaïl Ibn Hâdî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

« Question de Abî al-Qassîm al-Maghribî à l’égard de L’imâm, l’héritier des anciens pieux, modèle des contemporains, le plus illustre de ceux que j’ai rencontré dans les pays du Levant et du Couchant, Taqî ad-dîn Abû al-Abbâs Ahmad Ibn Taymiyyah, qui a accepté de me donner une recommandation en mesure d’améliorer ma vie religieuse et ma vie terrestre, me dirigeant vers un livre [sur lequel repose] ma confiance dans les sciences du hadîth, et de la même manière, dans les autres sciences liées aux lois Islamiques, il a attiré mon intention sur les bienfaits des bonnes actions à faire après les obligations religieuses, et il m’a expliqué le bénéfice le plus probable [...] »

« Al-HamdouLLiLLehi Rabb il-’Âlamîn »

Quant à la recommandation [que le questionneur souhaite] : je n’en connais pas de plus utile que la recommandation faite par Allâh et Son messager à condition qu’elle soit bien comprise et appliquée. Allâh - Ta’âla - dit : « Nous avons enjoint à ceux auxquels avant vous le Livre fut donné, tout comme à vous-mêmes :Craignez Allâh.. » [1]

Et la recommandation du Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) qui dit à Mou’âdh [Ibn Djabal] envoyé au Yémen : « O Mou’âdh, crains Allâh où que tu sois, remplace la mauvaise action par une bonne pour qu’elle l’efface, et accorde un comportement aux gens, qui soit d’un bon caractère. » [2] Mou’adh (radhiallâhu ’anhu) occupait un haut rang auprès du Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam). C’est pourquoi [le Prophète] lui dit : « O Mou’adh ! Par Allâh - Je t’aime. » En plus, il le plaçait derrière lui sur sa monture. Il a été rapporté sur lui [Mou’âdh] : « Il est [Mou’âdh] le plus éminent savant de la Umma en matière du licite et de l’illicite. » [3] et : « Au jour de la Résurrection, il [Mou’âdh] devancera les savants d’un pas. » [4] Une des marques de son mérite est qu’il fut envoyé par le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) en tant que prêcheur, Faqîh [Jurisconsulte], Mouftî et gouverneur pour les gens du Yémen. Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) le comparait à Ibrâhim al-Khalîl (’alayhi as-salam). Car Ibrâhim était le guide des gens. Comme Ibn Mass’oûd (radhiallâhu ’anhu) qui disait que Mu’adh était un guide pieux et n’était point du nombre des associateurs ; et le comparait à Ibrâhim (’alayhi as-salam). Si on la comprend bien, elle explique la recommandation coranique allant dans le même sens. Sa dimension générale s’explique par le fait que le l’adorateur [d’Allâh] à deux droits à acquitter :

- Le droit d’Allâh -’Azza Wa Djal

- Le droit de Ses serviteurs.

Quant au premier droit, il fait quelques fois l’objet de manquements. Ceux-ci peuvent consister soit à ne pas exécuter un ordre ou à commettre un interdit. Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) a dit : « Crains Allâh où que tu sois ». Cette phrase a une portée générale. Et l’expression « où que tu sois » confirme le besoin que l’on a de faire preuve de crainte [envers Allâh] intérieurement. Et puis il a dit : « Remplace la mauvaise action par une bonne pour l’effacer ». C’est parce que quand le médecin constate que le malade a absorbé une substance nocive, il lui prescrit un médicament qui la neutralise. Le péché est presque inévitable pour le serviteur. Le clairvoyant est celui qui ne cesse d’accomplir de bonnes actions qui effacent ses mauvaises actions. Dans la construction de la phrase [en arabe] le terme mauvaise action prédomine, bien qu’ayant la fonction d’objet direct, parce que l’on entend insister davantage sur l’effacement [des péchés] que sur l’accomplissement de la bonne action. Tout comme la parole [du Prophète] à propos de l’urine du bédouin : « Déversez là-dessus un récipient d’eau ». [5] Les bonnes actions doivent être de la même espèce que les mauvaises. Les conséquences des péchés sont éliminées par [certaines de] ces choses :

- 1) Le repentir

- 2) La demande de pardon sans repentir. Certes, Allâh peut accepter cette demande sans que son auteur se soit auparavant repenti. Mais si l’on peut réunir le repentir et l’imploration du pardon, c’est plus parfait.

- 3) La troisième chose consiste dans les bonnes œuvres expiatoires. S’agissant des actes expiatoires déterminés, comme celui recommandé à une personne qui accomplit l’acte sexuel au cours d’une journée de Ramadhân, celui recommandé à un homme qui assimile sa femme à sa mère [entendant jurer de ne plus coucher avec elle], celui recommandé au pèlerin qui viole certains interdits ou n’observe pas certains devoirs du pèlerin, et celui recommandé au pèlerin qui tue un animal dans le cadre de la chasse ; ses actes expiatoires comportent quatre espèces :

- 1) sacrifice animal
- 2) affranchissement [d’un esclave]
- 3) aumône
- 4) jeûne

Quant aux actes expiatoires incertains, comme l’a dit Houdheifa à ’Oumar : « L’épreuve que l’homme subit à travers la personne de sa femme, à travers ses biens et ses enfants peut être conjurée grâce à la prière, au jeûne, à l’aumône, à la recommandation du bien et à l’interdiction du mal. Ceci a certes été attesté par le Coran et les hadîth authentiques qui indiquent l’expiation des cinq prières, de la prière du vendredi, du jeûne, du pèlerinage et de l’ensemble des actes à propos desquels on dit : Quiconque dit ou fait ceci ou cela, obtiendra le pardon ou aura ses péchés antérieurs pardonnés. » Ces actes sont très nombreux. On peut les trouver dans les Sounans et plus particulièrement dans les ouvrages qui traitent des actes méritoires. Sache que les gens se doivent de faire de cela leur plus grande préoccupation, car les gens vivent une époque marquée par une décadence comparable à celle de l’époque pré-islamique dans certains de ces aspects. Les gens qui ont grandi entre les gens de science et bien instruits subissent de nombreuses influences identiques à l’époque pré-islamique, que dire alors de celui qui n’a pas grandi dans un tel entourage ? Il est rapporté dans les Deux authentiques, selon Abî Sa’îd (radhiallâhu ’anhu) que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) a dit : « Vous suivrez vos prédécesseurs de la même manière que des flèches se suivent [pas à pas] au point que s’ils s’étaient introduits dans le trou d’un lézard, vous le feriez » - O Messager d’Allâh ! [Parlez-vous] des Juifs et Chrétiens ? - Qui d’autres [alors] ? » [6] Cette information est confirmée par la parole d’Allâh Ta’âla : « Ils jouirent de leur lot [en ce monde] et vous avez joui de votre lot comme ont joui vos prédécesseurs de leur lot. » [7]

Et cela est encore témoigné dans des traditions authentiques et bons. Cet ordre proscrit [interdit comme indiqué ci-dessus] peut s’étendre dans le domaine religieux en particulier, comme plus d’un des anciens pieux dont parmi eux Ibn ’Ouyayna l’ont affirmé. En effet, beaucoup des agissements reprochés aux Juifs ont été constatés chez ceux qui se réclament des [gens] sciences. De même, beaucoup des agissements reprochés aux Chrétiens ont été constatés chez certains de ceux qui se réclament des [gens] sciences. Cela est perceptible pour celui doué de raison dans religion Islamique qui a été envoyée [révélée] par Allâh à Muhammad (sallallahu ’alayhi wa salam), et il peut observer ainsi [avec ces sources] les situations des gens. S’il en est ainsi, celui dont Allâh a ouvert la poitrine [le cœur] à l’Islâm jouira d’une lumière provenant de son Seigneur. Auparavant il était mort puis a été ressuscité par Allâh qui l’a doté d’une lumière qui guide ses pas parmi les gens. Celui-là ne manque pas de déceler les conditions [parmi les gens] d’une vie digne de l’époque préislamique et la voie empruntée par les deux communautés : celle qui encourt la colère divine et celle qui est égarée parmi les Juifs et les Chrétiens, ce qui lui permet de voir qu’il partage quelques-unes de leur épreuve. Le plus utile aux individus particuliers [dotés des qualités citées ci-dessus] et au commun des gens, c’est de s’adonner à ce qui peut sauver leurs âmes des pièges, qui consiste à faire suivre les mauvaises actions par de bonnes actions, et les bonnes choses dont Allâh a chargé les propos du Sceau des Prophètes en matière d’actions, de comportement et de qualités. Les péchés sont effacés aussi par les malheurs infligés à l’homme et qui englobent tout ce qui porte préjudice aux biens, à l’honneur, aux personnes et autres, mais qui ne dépend pas de l’homme [8].

Notes

[1Coran, 4/131

[2Rapporté par Ahmed et at-Tirmidhî qui dit que ce hadîth a une bonne et authentique chaîne de transmission.

[3Rapporté par at-Tirmidhî, an-Nassâ-î, Ibn Mâdja - Hadîth avec une bonne et authentique chaîne de transmission

[4Rapporté par al-Haythamî, at-Tabarânî

[5Rapporté par al-Bukhârî

[6Rapporté par al-Bukhârî et Muslim

[7Coran, 9/69

[8Madjmou’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 10/368-370

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