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Est-il permis de faire le sermon du vendredi en une autre langue que l’arabe ?

Règles & fondements

samedi 6 septembre 2014, par Ismaïl Ibn Hâdî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

Quel est le jugement concernant le fait de faire le sermon du Vendredi, en une autre langue que l’arabe ?

Certains des gens de science soutiennent l’interdiction de la traduction des sermons du vendredi et des deux fêtes en langues autre que l’arabe. Ils souhaitent par ceci (rahimahum Allâh) préserver la langue arabe et la sauvegarder à l’instar du Messager (sallallahu ’alayhi wa salam) et de ses Compagnons (radhiallâhu ’anhoum) qui prononçaient leurs discours en arabe dans les pays non arabes comme ailleurs. C’est aussi pour encourager les gens à apprendre l’arabe et à en prendre soin. D’autres des gens de science soutiennent la permission de traduire les sermons en langues autre que l’arabe, si les interlocuteurs ou la majeure partie d’entre eux ne comprennent pas l’arabe, compte tenu de l’objectif pour lequel Allâh a institué le sermon. En effet, il s’agit bien de faire comprendre aux gens les dispositions qu’Allâh leur a prescrites et les choses qu’Il leur a proscrites et leur orientation aux bonnes choses et aux nobles qualités et leur mise en garde contre ce qui est contraire à cela. Nul doute que le sens et la portée « du sermon » sont plus importants que les mots. Ceci est surtout vrai quand on s’adresse à des gens qui ne comprennent pas l’arabe et qui ne seraient pas touchés par le sermon et que l’usage de l’arabe ne pousserait pas à apprendre cette langue et à s’en occuper, ce qui est surtout le cas à notre époque, car les Musulmans sont en retard tandis que les autres sont en avance et que la langue du vainqueur progresse, et celles des vaincus régressent dans le monde. Si l’objectif visé à travers la transmission des connaissances et de la Loi islamique aux gens ne pourra se réaliser au sein des non-arabes que grâce à la traduction des sermons en leurs langues, l’avis qui autorise la traduction des sermons dans les langues des gens qui écoutent et qui leur permettent de comprendre le discours et d’en saisir la portée mérite mieux d’être suivi. Ceci est d’autant plus vrai que la non traduction peut provoquer disputes et querelles. C’est pourquoi la traduction s’impose dans ce cas parce qu’elle permet de réaliser un avantage et d’écarter un préjudice. S’il existe au sein de l’auditoire des gens qui comprennent l’arabe, le prêcheur doit utiliser les deux langues alternativement ; Il prononce le sermon d’abord en arabe, ensuite il le répète dans l’autre langue comprise par les autres. Ce qui permet de réaliser deux avantages et d’écarter le préjudice et d’écarter toute dispute au sein de l’auditoire.

Cela s’atteste dans de nombreux arguments tirés de la Législation. Citons-en les propos d’Allâh - Subhânahu wa Ta’âla : « Et Nous n’ avons envoyé de Messager qu’avec la langue de son peuple, afin de les éclairer. Allâh égare qui Il veut et guide qui Il veut. Et, c’est Lui le Tout Puissant, le Sage » [1]

Citons encore l’ordre donné par le Messager (sallallahu ’alayhi wa salam) à Zayd Ibn Thâbit d’apprendre la langue des Juifs pour l’utiliser dans ses correspondances et pour leur expliquer les preuves, et pour pouvoir lire leurs messages et en expliquer le contenu au Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam). Citons aussi le fait que, quand les Compagnons (radhiallâhu ’anhoum) envahirent les territoires persan et byzantin, ils invitèrent les gens en arabe à se convertir à l’Islâm par le biais d’interprètes avant de les combattre. Quand ils conquirent lesdits territoires, ils appelèrent les gens vers Allâh - Subhânahu - en arabe et leur donnèrent l’ordre d’apprendre cette langue. Ceux qui ignoraient celle-ci étaient appelés dans la langue qu’ils comprenaient. C’est ainsi qu’il fut possible de leur administrer la preuve [de la validité de l’Islâm]. Nul doute que c’est le chemin qu’il faut suivre à la fin des temps, au moment où l’Islâm est, et redeviendra étranger, et où les gens sont accrochés à leurs langues respectives. La traduction est devenue nécessaire et le prêcheur ne peut plus s’en passer dans son prêche. L’orateur doit choisir ce qui est mieux pour l’auditoire. S’il s’avère utile de diviser le sermon et de traduire les parties l’une après l’autre jusqu’à la fin, il doit le faire. S’il juge plus utile de tout traduire après le sermon arabe ou après la prière, il peut procéder de cette façon. Wa Allâh - Ta’âla - A’lâm. [2]

Ce qui a été authentifié à ce sujet, c’est qu’il n’est pas permis au prêcheur du Vendredi, de faire le prêche dans une langue qui n’est pas comprise par les auditeurs. Et si ces gens ne sont pas arabe, et ne comprennent pas la langue l’arabe, et bien certes, il prêchera dans la langue qu’ils comprennent. Car cela est un moyen d’éclaircissement [de la religion] pour eux. Car l’objectif du sermon est l’éclaircissement des limites d’Allâh - Subhânahu wa Ta’âla - envers Ses serviteurs et leurs exhortations, ainsi que leurs guidés. Par contre, les versets du Qor’ân doivent être récité en arabe, et ensuite ils doivent être traduit dans leur sens rapprochés. Et la Parole d’Allâh - ’Azza wa Djal - indique que le prêcheur, doit prêcher dans la langue de son peuple : « Et Nous n’avons envoyé de Messager qu’avec la langue de son peuple, afin de les éclairer. Allâh égare qui Il veut et guide qui Il veut. Et, c’est Lui le Tout Puissant, le Sage » [3]

Et Allâh a bien fait voir que le moyen d’éclaircissement se fait par la langue que les gens comprennent. [4]

Notes

[1Coran, 14/4

[2Fatâwa Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ, 8/251-255

[3Coran, 14/4

[4Fatâwa Arkân al-Islâm du Sheikh Ibn ’Uthaymîn, p.393

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