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Comment ordonner le bien et interdire le mal ?

SHeikh al-Islam Ibn Taymiyyah (rahimahullâh)

vendredi 19 septembre 2014, par Ismaïl Ibn Hâdî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

Certes Allâh - Subhânahu wa Ta’âla - a qualifié la lutte contre les mécréants par le Qor’ân, comme faisant partie d’une grande lutte. Cette lutte se fait par la science, le cœur, l’explication, et l’appel à Allâh, non pas par le combat. [1] Il est demandé d’avoir la science dans le commandement du convenable et la condamnation du blâmable, comme dans ce qui peut les différencier. Il faut connaître (avec science) la situation où l’on commande le bien, comme celle où l’on condamne le mal. Et ce qui fait partie de la véritable réforme, c’est le fait d’ordonner et de condamner sur la voie authentique (pieuse). Voici ce qui est le plus juste dans le but à atteindre. Il est sommé aussi d’être doux, comme le Prophète (sallallahu ’’layhi wa salam) l’a dit : « Quand la douceur est dans une chose, elle ne peut que l’embellir ; et lorsqu’elle est retirée (d’une chose), elle ne peut que l’enlaidir. » [2] Et : « Allâh est doux, et Il aime la douceur en toute chose. » [3] Et : « Assurément Allâh est Doux et Il aime la douceur. Il donne par elle ce qu’Il n’accordera pas pour l’usage de la violence. » [4] Il est obligatoire que la personne soit douce et patiente face à la gêne (les dommages), comme elle se doit de surmonter cette gêne. Car si elle ne patiente pas, et n’est pas douce face à cela, elle causera plus de tort que de bien. Louqmân a dit à son fils : « Commande le convenable, interdis le blâmable et endure ce qui t’arrive avec patience. Telle est la résolution à prendre dans toute entreprise ! » [5] [6]

Il est obligatoire (sur la question) de maitriser trois choses : la science, la douceur et la patience. La science avant le commandement (du bien) et l’interdiction (du mal) ; la douceur qui l’accompagne ; et la patience après cela. Et lorsque ces trois choses sont réunies, il faut savoir les appliquer selon les diverses situations. Cela, comme il a été rapporté dans les traditions de certains pieux prédécesseurs, que al-Qâdhî Abû Ya’la cite dans « al-Mou’tamid » : « L’ordre du convenable et l’interdiction du blâmable doivent se faire avec une science jurisprudentielle sur le sujet. Il faut être compétent dans ce qui est interdit, doux dans les commandements et interdictions lors de son application, doux dans ce qui est interdit, bienfaisant dans ses commandements, bienfaisant dans ce qui est interdit. » [7] La science passe avant le fait d’ordonner une chose. La douceur se fait avec les commandements, et la bienfaisance après cela. Et celui qui n’est pas savant sur le sujet rentre dans ce sur quoi il n’a aucune connaissance. S’il est savant sur le sujet sans être doux, il est à exemple du médecin dépourvu de douceur, qui se conduit avec rudesse envers le malade qu’il n’acceptera pas de lui, ou encore l’éducateur rude dont l’enfant n’acceptera rien. [8]

Notes

[1Minhâj as-Sounnat an-Nabawiyyah, 8/87

[2Rapporté Muslim

[3Rapporté par al-Bukhârî et Muslim

[4Rapporté par Muslim

[5Coran, 34/17

[6Al-Istiqâmah de Ibn Taymiyyah, p.464-465

[7Al-Istiqâmah de Ibn Taymiyyah, p.466

[8Minhâj as-Sounnat an-Nabawiyyah, 5/254

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